Histoire de Barisis à télécharger au format Word
NoticeHistorique sur la commune de Barisis (1882)
« Barisis, comme beaucoup de villages de notre beau département a une très haute antiquité, sans qu’il soit toutefois possible de donner à sa fondation une date certaine.
Ce qui est incontestable, c’est que sous les Mérovingiens, il était déjà d’une certaine importance comme le prouvera la suite de cette notice.
Il portait alors indifféremment les noms de Barisiacum[1]ou même Barisiaco, Baresetum, plus tard on trouve ce nom orthographié tantôt Barisi, Bairési, Bairesi, tantôt Berzy, Bersy, Bairzy et même Barisis. Mais vers le milieu du XVIIème siècle, nous lui trouvons le nom qu’il a encore de nos jours : Barisis [2]
Ce village était au VIIème siècle, compris dans le domaine du roi qui, sans doute, en avait fait la conquête sur les Gallo-Romains, plus tard il appartint partie à la province d’Ile de France, partie à celle de Picardie et le ruisseau servait de démarcation ; sur sa rive gauche commençait le département de La Fère, sur la rive gauche finissait l’intendance et la généralité de Soissons.
La situation au milieu des forêts de Coucy-Basse et de Saint-Gobain lui a valu le complément souvent ajouté à son nom « aux-bois » probablement pour le distinguer de Barzy et de Berzy et l’on dit encore fréquemment Barisis aux bois.
Aujourd’hui, Barisis se trouve dans la partie Nord-Est du canton de Coucy le château et au centre de l’arrondissement de Laon. Son territoire est borné au nord par ceux d’Amigny-Rouy Servais et Saint-Gobain, à l’est par ceux de Fresnes et deVerneuil et enfin à l’ouest par les terroirs de Folembray et de Sinceny (autrefois Sinceny-Autreville).
Le sol de cette commune est du sud au nord-est couvert de chaînons boisés d’une altitude de 140 mètres, se repliant sur eux-mêmes pour former une vallée profonde et étroite au fond de laquelle le Mesnil roule ses eaux légèrement pétrifiantes. Ces chaînons ne sont d’ailleurs que les ramifications projetées par un plateau fertile où se trouvent des fermes nombreuses et qui sépare la vallée de la Serre de celle de l’Ailette. Quant au village lui-même son élévation est d’environ 64 mètres près de la maison commune au-dessus du niveau de la mer.
Le sol se divise en deux parties bien distinctes d’argilo-calcaires avec une profondeur variable de terres végétales. Sur le plateau, il devient sablonneux ou plutôt silico-calcaire à mesure qu’on descend vers le lit du ruisseau.
Dans la partie la plus basse on y trouve même des terrains tourbeux. La partie boisée des versants, à l’exception de certaines lacunes qui ne sont que des savarts, et même du plateau n’a en général qu’une mince couche de terre végétale reposant sur des bancs de roches sédimentaires et de calcaires divers.
Hydrographie.
Comme nous l’avons dit, le terroir de Barisis ne renferme qu’une seule vallée fortement encaissée, une sorte de ravin et toutes ses eaux descendent directement vers le Mesnil affluent de l’Oise.
Toutefois un petit ruisselet, affluent du Mesnil, prend sa source sous le plateau du Grand-Lieu, passe près de la fosse Cornard et la rue d’En le Val et se jette dans le Mesnil sur sa rive droite près du moulin dit du Baillon. Un autre ruisselet vient de la vallée Lange, reçoit les eaux d’écoulement de la rue du Petit Barisis en passant sous le chemin vicinal n°4 de Barisis à Pierremande et se jette sous le Mesnil en face de la maison communale. Le Mesnil, qui porte aussi, sur d’anciens titres le nom de Rhû du Baillon, prend sa source dans la haute forêt de Coucy, sur le territoire et à l’est de Septvaux, reçoit quelques ruisselets descendant comme lui des collines et serpentant à travers des près naturels, il fait tourner plusieurs moulins.
Les crues sont excessivement abondantes et rapides et maintes fois ses eaux s’élevant à la suite d’orages,de plusieurs mètres en moins d’une heure, se sont répandues dans la vallée et y ont causé des dégâts sérieux.
IL servait autrefois de délimitation entre plusieurs provinces ou gouvernements : Ile de France et Picardie, Thiérache et Laonnois et séparait la châtellenie de Coucy de celle deLa Fère [3]de sorte que le village se trouvait par lui divisé en deux parties ; l’une qui suivait la coutume de Coucy, l’autre celle du Vermandois. De nosjours il est encore sur certaines parties du cours mitoyen entre les communes de Septvaux et de Fresnes, plus bas entre cette dernière et Barisis et plus bas encore entre Barisis et Saint-Gobain.
De Barisis dont il fait tourner les quatre moulins et le tordoir, le Mesnil se rend sur le territoire de Saint-Gobain où il met en mouvement de Briquenay ou Briquenait puis sur celui de Servais qu’il traverse en partie faisant encore mouvoir un moulin et passant près du lieu où se trouvait sous les Mérovingiens une villa régie en ferme royale.
Enfin après avoir encore reçu divers petits affluents il va mêler ses eaux à celles du ruisseau rivierette de Servais et se jette ensuite dans l’Oise à l’ouest d’Amigny-Rouy (ancien Aufiacum) qui lui aussi possédait une ferme royale souvent fréquentée par lesCarolingiens dans leurs chasses notamment par Charles le chauve [4]et en aval de Condren (Contra-Aagissum) cité par Anténin.[5]
Superficie-Agriculture.
Le terroir de Barisis est d’après le cadastre de 1510 hectares 89 ares y compris le bois de l’Etat et peut se décomposer ainsi :
Terres labourables
Bois et forêts (communaux de particuliers) : 738,5 hectares
Jardins, landes, pâtes bruyères : 15 hectares
Prairies naturelles : 25 hectares
Routes et chemins de fer, cours d’eau, terrains bâtis : 52 h, 81,20 ares.
Le nombre de parcelles, non compris les terrains bâtis, les routes, les chemins, et le chemin de fer est actuellement de 1858 dont :
1696 en dessous de 1 hectare
74 de 1a 2
22 de 2a 3
20 de 3a 4
11 de 4a 5
9 de 5a 7
4 de 7a 10
12 de 10a 20
3 de 2a 30
2 de 30a 40
1 de 40a 50
3 de 100a 200.
Les bois de l’Etat ne sont pas compris dans cette énumération. Le nombre de propriétaires, tant domiciliés que forains est de 350 et parmi eux 268 habitants de la commune.
Celui des exploitations agricoles s’élève à 175, savoir :
Au-dessus de 1 hectare : 103,
De 1 à 5 : 55
De 5à 10 : 1
De 30 à 40 : 1
De 50 à 100 : 1
De 100 à 200 : 2.
Le sol assez fertile est classé de la manière suivante [6]
1ère classe : 22 h 08 pour %
2ème classe : 28h 20 pour %
3èmeclasse : 28 h 10 pour %
4èmeclasse : 13 h 46 pour %
5èmeclasse : 7 h 06 pour %
La culture de la betterave à sucre y a pris depuis quelques années un grand développement et s’étend aujourd’hui sur 90 hectares tandis que celle du chanvre qui autrefois, formait la principale agriculture du pays y est réduite de 5 à 6 hectares mais les céréales y tiennent toujours le premier rang avec 398 hectares.
Les forêts fournissent des chênes à la Marine, des chênes, des hêtres, des bouleaux, des frênes à l’industrie, des perches pour les mines de charbon, des traverses pour les chemins de fer et du bois de chauffage en quantité considérable dont une partie provenant de bois communaux est délivrée à titre d’affouage aux habitants. [7]
Le pommier fournissait il y a 4 ans encore le cidre nécessaire à la consommation de la population, mais le rigoureux hiver de 1879-1880 les a presque tous fait périr et c’est à peine s’il en reste quelques-uns uns : encore ne se trouvent-ils que sur le plateau où la gelée a fait moins de dégâts. Depuis la commune en a fait planter près de 500 dans ses 70 hectares de défrichement. [8]
Il y a 36 ans en 1846. la population de Barisis s’élevait à 1288, elle était descendue à 1068, remontée à 1077 en 1866, elle n’est plus aujourd’hui que de 943, c’est-à-dire qu’elle a perdu depuis, 345 habitants soit près de 10 par année. [9]
A quoi attribueront-nouscette diminution progressive ? Est-ce au rayonnement des campagnes versles villes ? Nous le pourrions peut croire, mais les vrais motifs sont autres : le premier tient à l’amoindrissement des familles et les tableaux des recensements de la population nous renseignent suffisamment à cet égard.
Barisis avait en 1846 398 ménages pour une population de 1288 habitants ; il s’y trouvait alors 14 ménages sans enfants, 96 avec 1 enfant, 72 avec 2 enfants, 49 avec 3 enfants,12 avec 4 enfants, 3 avec 5 enfants, 9 avec 6 enfants et 2 avec 7 enfants.
Il s’y trouvait en 1884, 331 ménages pour 943 individus c’est-à-dire :
186 ménages sans enfant (lamoitié)
73 n’ayant qu’un enfant
39 ayant 2 enfants
18 ayant 3 enfants
16 ayant 4 enfants
4 ayant 5 enfants
et 1 seul ménage ayant 6enfants. [10]
Mais il existe un autre qui prime même celui-ci : c’est que les habitants sont attirés en dehors par les avantages qu’offrent les industries.
Comme presque tous les villages, Barisis est essentiellement agricole ; nous ne pouvons en effet compter que pour mémoire la sucrerie de Barisis qui comme toutes les usines de ce genre n’occupe ses ouvriers que 3 mois par an ; pas davantage nous ne pouvons nous arrêter au chemin de fer de Saint-Gobain dont le mince trafic surtout à la gare de Barisis ne saurait procurer aux ouvriers de cette commune une occupation suffisante.
De son côté l’agriculteur occupe bien un certain nombre de bras : mais vu l’exiguïté du territoire cultivable, elle ne suffit pas pour procurer à tous ceux qui en ont besoin et en toutes saisons un travail rémunérateur.
Il en était bien autrement il y a quarante ans. Alors le chanvre de Barisis était en grand renom,recherché entre tous et maintes familles trouvaient à le préparer et à le vendre pour leur propre compte et le bien-être.
Aujourd’hui, la concurrence que lui font les textiles divers : jute et autres, comme aussi les changements amenés par le progrès de l’industrie et de la marine lui ont porté un coup funeste dont la commune semble ne pouvoir se relever.
Aussi les ouvriers l’abandonnent-ils en grand nombre ; qui pour un emploi de cantonnier, ou d’homme d’équipe sur une grande ligne ferrée ; qui pour entrer comme ouvrier dans une usine quelconque (à Saint-Gobain, à Folembray, à Chauny,…) C’est ainsi que depuis le dernier recensement plus de 16 familles ont encore quitté Barisis.
Vivront-elles plus heureuses ? Nous aurions lieu d’en douter, mais aussi que faire à Barisis sinon de la culture ? Et que gagne-t-on maintenant à cultiver un lopin de terre dont on ne jouit que comme locataire (car nous devons le dire, les familles qui émigrent ainsi ne sont pas celles qui possèdent )
D’un autre côté les habitudes de bien-être là comme ailleurs et l’industrie qui paie à ses ouvriers de très beaux salaires à époques fixes pour un nombre d’heures de travail réglé, plaît bien mieux que la culture dont les travaux sont soumis aux influences du temps, dont les heures de travail sont irrégulières comme les salaires et qui ne saurait, sous ce rapport lutter avec sa toute puissante rivale.
Le village est encore aujourd’hui comme autrefois divisé par le ruisseau en deux sections.
Section d’En le Val sur la rive droite, section de la Ville sur la rive gauche ayant chacune ses droits particuliers de pâturage et de passage pour ses bestiaux. Et puis sa population est loin d’être agglomérée, elle est au contraire répartie en plus de treize sections différentes, ce sont :
1 le village qui renferme 645 habitants
2 le pavillon : 36 habitants
3 le petit Barisis : 11 habitants
4 les Carrières de la Ville hameau : 64 habitants
5 les Carrières lentillères hameau : 41 habitants
6 Buin (ferme) : 4 habitants
7 le Crottoir (ferme) :4 habitants [11]
8 Le Mesnil (maison isolée) : 4 habitants
9 la maison Férat (maisonisolée) : 4 habitants
10 le Gilotin(moulin) : 5 habitants
11 le Montauban (maison isolée) : 5 habitants
12 la Fourcière (maison isolée) : 4 habitants
13 les Vignes (maison isolée) : 2 habitants.
Carrières.
La plus grande partie du sous-sol de cette commune à l’exception de celui de la vallée est essentiellement calcaire ; on y remonte parfois des couches de roches sédimentaires d’une épaisseur remarquable ou des stratifications très importantes. Tantôt, ce sont des pierres à bâtir, que l’on extrait par galeries souterraines aux carrières de La Ville, près de la ferme de Buin et aux carrières des Lentillères ; pierres tendres, il est vrai. Très sensibles à l’action de la gelée, mais dont cependant on fait usage presque exclusif pour la construction des maisons de Barisis et dans les environs. Tantôt ce sont des carrières de pierres-liard, amas de coquillages pétrifiés (numulus) que l’on exploite à ciel ouvert sur les communaux, pour l’entretien des chemins ; tantôt enfin, ce sont des pierres pour routes de grosseur diverses, dont les couches parfaitement horizontales nous prouvent qu’elles ont, comme autres, été déposées là par les eaux et qu’aucune force ultérieure ni aucun affaissement ultérieur ne sont venus agir sur elles. Ces pierres ont d’ailleurs avec celles que l’on rencontre à Troly et qui servent au même usage, une parfaite analogie,ce qui témoigne de leur commune origine. [12]
Comme nous l’avons dit plus haut, le village de Barisis a joué pendant de longues années d’une industrie très florissante ; celle du chanvre, qu’il devait quelque peu à la qualité du sol de la vallée et beaucoup à celle de ses eaux de ses routoirs ;peut-être même aussi au mode de préparation adopté pour ce textile.
Aujourd’hui il ne reste plus comme industrie que celle qui résulte d’une fabrique de sucre qui y fût créé par actions il y a quelques années : fabrique des mieux outillée, faisan tusage de la Diffusion et qui malgré son peu d’apparence, emploie en moyenne de12 à 15 millions de kgs de betteraves par année.
Son rendement en sucre a été pour la fabrication de 1881-1882 de 401.288 kilos.
Quatre moulins y font « le blé de farine » (style notarial) Savoir :
1 le Gilotin appartenant au sieur Aubert qui fût construit en vertu d’une ordonnance royale du 12 mars1829.
2 le moulin d’en haut ou de l’Abbaye appartenant à M. Voyeux et exploité par M. Morin qui semble être aussi ancien que l’abbaye elle-même.
3 le moulin d’En-Bas qui appartient à Mme veuve François et est exploité par M. Dufresne ; il remonte à une époque très reculée, sauf toutefois les bâtiments qui ont été remis à neuf.
4 enfin le moulin Rossignolou du Baillon beaucoup plus moderne et marchant soit par l’eau, soit par la vapeur.
Tous quatre sont alimentés par le ru du Mesnil et font la meunerie du détail, sauf toutefois pour celui d’en haut qui ne travaille que pour la boulangerie.
Depuis 1882, un sieur Davaux de Louvres (Seine et Oise) a loué à la commune moyennant une devance annuellede 100 francs le droit d’établir une champignonnière dans les carrières communales dites carrières la Ville. Cette nouvelle industrie occupe de 12 à 15hommes, 4 à 5 chevaux et ses produits déjà recherchés sont chaque jour expédiés pour Paris.
Quant au commerce, il se borne à peu de choses, on n’y trouve en effet que :
1 un marchand de charbon de bois
2 deux marchands de charbon de terre
3 sept épiciers et merciers
4 un marchand de nouveautés
5 trois marchands de faïence
6 un café
7 un hôtel
8 quatre débits de boisson
9 un marchand de vin en gros
10 deux boulangers
11 une recette buraliste
Cette commune dépendant autrefois du Laonnois, du grenier à sel de Coucy, du département de La Fère et de l’Intendance et Généralité de Soissons ; elle fût comprise dans le canton de Saint-Gobain [13] et le district de Chauny.
Aujourd’hui, elle se trouveà la limite Nord-est du canton de Coucy le château et dans le centre Ouest de l’arrondissement de Laon.
Une caisse d’épargne succursale de celle de Laon y fut fondée en 1875 ; elle a depuis 1879 un bureau de poste dirigée par une receveuse. Depuis 1881, un bureau télégraphique et depuis elle est devenue chef-lieu de perception.
Sous le rapport ecclésiastique, la paroisse de Barisis placée sous le vocable de Saint Pierre,avait d’abord pour curé desservant un religieux séculier de l’ordre de SaintAmand, nommé par l’Abbé lui-même et qui touchait sur les revenus de la Prévôté du lieu, un traitement ou pension de 300 livres, plus un droit de dîme sur la portion de territoire de la paroisse non affranchie par la Prévôté. [14]
Mais ce droit de dîme fut plus tard abandonné pour un supplément de pension de 150 livres, 2 muids de petite bière, 1 de forte et 14 galois de blé [15] .Elle dépendit pendant un certain temps du doyenné de La Fère et du diocèse deLaon, son diocèse est maintenant celui de Soissons et son doyenné celui de Coucy le château.
Les registres de l’Etat-civil de cette commune remontent à 1657 et se continuent sans lacune d’année en année ; mais de cette époque de 1673 les actes ne portent aucune mention du curé qui les a rédigés ni aucune signature.
Ce n’est que le 12 février1673 qu’apparaît pour la première fois le nom du prêtre rédacteur qui prend le titre de « serviteur de la cure » et signe Estienne Lefébure [16] à partir de cette époque les parrains et les marraines signent également lesactes de baptême et apposent leurs marques.
Lieux dits–rues-ruelles-, etc.,
Tout dans une notice a son importance ; les noms des plus vulgaires lieux-dits, les moindres désignations peuvent faire revivre, dans l’esprit de l’historien érudit, toute une série de faits. Nous ne pouvons donc, dans ces quelques pages, nous dispenserde donner la liste des dénominations des diverses parties du territoire de Barisis qui d’après le cadastre, est réparti en trois sections comprenant leslieux suivants [17] .
Section A
1 Le château 1 de la page 14
2 La Saussaie ou Saulaie
3 Le pré puant
4 La Paturelle
5 Le Clos
6 Les prés de Sart
7 Le champ Georget
8 Les Bouillards
9 Les Usages
10 Le Bas de la Vallée Morte-femme
Section B
1 Le bon Puits
2 Les prés de la Ville
3 La Briqueterie
4 Le champ de l’Abbaye
5 Les terres de la Fourcière
6 La vallée du puits ou Dupuis
7 Sous Buin
8 Le Bois Prévôt
9 Le Grimpet
10 Le chemin de Convert
11 Le Chausson
12 Le fond des Calottes
13 Le chemin de Prémontré
14 La vallée Lange
15 Le passage Guérin
16 Les vignes
17 Le Sabart
18 La fosse aux pourceaux
19 La réserve
20 La belle Oie
21 Le Gros Buisson
22 L’Ormeau
23 Le petit Mont-Blanc
24 Le grand Mont-Blanc
25 La vallée des fraudeurs
26 Bois de la Justice
Section C
1 Le faÿ de Servais
2 Le Baillon
3 Le pré de l’Hermitage
4 Le champ Bailloux
5 Le Barnabasse
6 Le Montcel
7 Les prés Bonne Fontaine
8 Les lumières
9 La Croix Blanche
10 Le poirier couvreur
11 Les Sablons
12 L’Etang du Clos
13 Les Fontinettes
14 Le Bettement
15 Le cul des Lepps
16 Les prés de Glane [18]
17 Le Champ Fleuri
18 Les Aulnes Saint Pierre
19 Le Grand Marais
20 Le clos de l’Abbaye
21 Le clos
22 Le calvaire
23 Le Fermard
24 Le Champ St Rémi [19]
25 Le riez de Monte Couvé
26 La Fosse Cornard
27 Le Grand Lieu [20]
28 La Croix desVallées-Monts
29 Le Mesnil
1 La rue d’En le Val
2 La rue des Dames
3 La rue du Moutier
4 Rue du Montcelon ou Moncel
5 Rue du Grémont
6 Rue des Marais
7 Rue de Barnabasse
8 Rue des Blocs
9 Rue de la Ville
10 Rue des Carrières
11 Rue du Bon Puits
12 Rue du Petit Barisis
13 Rue du Pavillon
14 Rue de l’Abbaye
La commune est traversée par deux routes de moyenne communication savoir :
1 La route de Saint-Gobain à Coucy le château (n°13) passant par la ferme de Buin et Verneuil.
2 La route n° 45 de Vouël à Septvaux passant par Amigny-Rouy.
Deux chemins vicinaux conduisent, le n° 4 de Barisis à Pierremande et le n° 8 à Fresnes par la vallée du Mesnil.
Aucun chemin direct n’est classé pour aller à Folembray ; mais on suit ordinairement le chemin dePierremande ou même celui de Verneuil lorsque l’on a à s’y rendre en voiture, à pied on prend de préférence la rue des Carrières et le chemin ou laie forestière du Chèvrement qui conduit en lignedroite à l’Etang du Vivier et à la route nationale 37 de Château-Thierry à Béthune. Un 3ème chemin vicinal, le n°5 joint la route n°13 à la route n°45 en passant par la rue En le Val.
Les chemins ruraux et les ruelles reconnues au nombre de 43 relient entre elles la commune et ses dépendances en donnant accès à diverses voies forestières.
La plupart de ces chemins ou ruelles ont des noms tirés des lieux-dits où ils aboutissent où qu’ils traversent et qui sont cités plus haut ; il en est cependant qui en ont de nouveaux tels que :
1 Le chemin des Places
2 Le chemin des Verriers ou de Normézières
3 Le pont Charles Devaux
4 Le chemin de la ChausséeChalate
5 Le chemin des Gendarmes ou gens d’armes
6 Le chemin de la Messe
7 Le chemin des Tisserands
7 Bis ruelle du Relais
8 Le chemin à Leups
9 Le chemin du Caporal
La compagnie des Manufactures de Saint-Gobain-Chauny dont le chemin de fer passe à Barisis a établi dans cette commune une gare qui rend de grands services à l’agriculture aussi bien qu’au commerce et à l’industrie locale. Cette gare située à la portede la fabrique facilite à celle-ci ses approvisionnements de toutes et les envois de ses produits. D’un autre côté la gare n’est qu’à 3 kilomètres de celle du Rond d’Orléans (Nord), terroir de Sinceny d’où part la ligne de Chauny à Anizy, après avoir emprunté jusque là la ligne de Saint-Gobain et les habitants en profitent fréquemment pour se rendre vers Laon ou vers Soissons.
Comme nous l’avons dit en commençant cette étude, nous ne pouvons préciser l’époque de la formation du village de Barisis qui, très probablement remonte aux Celtes ou tout au moins aux Gallo-Romains mais plutôt aux premiers, si l’on en juge par les tombeaux que l’on trouve fréquemment aux Lentillères et la dénomination de Crottoir qui a du ou (illisible) provenir de Creuttes, cavernes habitées par les premiers habitants.
De nombreuses monnaies retrouvées par hasard et une (illisible) une urne(?) attestent que les vainqueurs ont dû s’y établir, du moins y séjourner.
Mais ce ne sont là que des conjonctures que des fouilles sérieuses pourraient peut-être éclaircir. Il nous faut avancer jusqu’au milieu du VIIème siècle avant de rien découvrir qui nous parle d’une manière certaine de Barisis.
En 661, Childéric II et la reine Erchimécilde ou Erchiménilde ou encore Blihécihilde son épouse [21] afin sans doute de se rendre favorables les évêques, peut-être aussi pour reconnaître quelques services qu’ils en aient reçu, se dépossédèrent du domainede Barisis (pour l’amour de Dieu et de la céleste Patrie) en faveur de l’évêqueSt Amand, par une charte dont un extrait est encore aux archives de cette commune mais dont l’original est déposé aux Archives Départementales et qui est daté du 18ème jour (Kalendes) de septembre la 5ème annéede son règne, l’évêque reçut en même temps non seulement les bois, les vignes, mais aussi les maisons et même les personnes ; c’est-à-dire tous les droits que le roi lui-même pouvait y avoir (cum universis villubis ad seappecientibus et cum omni universitate ad se pertinente )
Alors il y fonda un établissement religieux, monastère de peu d’importance au lieu dit Faverolles [22] et vint y résider avec douze religieux ayant mission d’évangéliser la contrée. Mais les devoirs apostoliques de l’évêque ne pourraient laisser longtemps Amandvivre dans cette retraite, il l’a quitté pour aller reprendre la direction d’un autre monastère dont il est souvent parlé dans les archives de Barisis ; celui d’Elnone en Flandre.
Cependant avant de partir il nomma un de ses religieux, André en 664 abbé de Barisis et lui donna même le 15août 664 le monastère et tout ce qui en dépendait [23] car à ce domaine se rattachaient diverses possessions à Crépy, à Sinceny, …
Les religieux jouirent-ils longtemps en paix de la libéralité de Chidéric ? Il est à supposer que non, car déjà sous (?) c’est-à-dire moins d’un siècle après les officiers royaux s’emparèrent d’une partie du bois (celui des Colomiers ou Coulommiers ou Colombiers Colombes [24] )dépendant du domaine de Barisis mais voisin de celui du roi. L’abbaye d’Elnone légitime propriétaire puisque celle de Barisis en dépendait réclame avec instances, mais vainement ; ni Pépin, ni Charlemagne ne firent justice de cette usurpation, ce ne fut que Louis le Pieux ou le Débonnaire qui, sollicité par les religieux de Barisis et d’Elnone, ordonne la première enquête sur ce sujet. Enfin reconnaissant les droits des religieux, il veut que ce bois leur soit rendu et que personne ne les y trouble [25] .Plus tard, Lothaire, par lettres patentes confirma la restitution faite par son père et maintint les religieux de Barisis dans la propriété et jouissance de tout le domaine de ce nom avec ses dépendances. [26] Dès lors et jusqu’à l’année 1207, les archives de cette commune ne nous disent rien ; si quelques titres importants à consulter existent parmi les nombreux écrits dont elles se composent, nous n’en avons pas la traduction et il est à craindre qu’ils ne devinssent bientôt indéchiffrables malgré tout le soin qu’onen a.
Mais dans l’histoire du monastère de Barisis par M. Mathon nous trouvons de quoi combler cette lacune. Il y est dit en effet pages 14, 15, 16 et 17 : le 20 septembre 863, le roiCharles le Chauve se trouvant à l’abbaye St Amand donne à ce monastère la moitié d’un manoir avec les habitants c’étaient des femmes, des enfants et le verrier Baguenet.
Karloman, fils de Charles le Chauve étant devenu abbé du monastère d’Elnone où il avait été élevé obtint de son père le 16 octobre 876, que la moitié des revenus du domaine de Barisis serait employée à fournir la boisson des religieux de son couvent.
Le domaine comprenait alors à Barisis même, une mense seigneuriale, 4 bonniers de vigne (bunaria d’où vient sans doute le nom d’une ferme de Barisis ; Buin), 1 de terre, 1 de foré, 500 de bois, 1 farinier, 17 menses d’ingénus, 4 de serfs, indépendamment de 4 autres menses de serf et d’un farinier, mais ne faisait pas partie du domaine de Barisis proprement dit. Au Crottoir (um Crustido) 30 bonniers de bois ;à Pierremande (in villa que dicitur Petramentula) une église dotée de 12 bonniers de terre, 4 de serfs peut-être même de leurs menses (manapéa) et d’une mense seigneuriale de laquelle dépendaient 40 bonniers de terre, des prés, des bois et 22 maisons d’ingénus ; à la Horbe (um villa Léon) une mense seigneuriale comprenant18 menses d’ingénus, 20 bonniers de terre et quelques bonniers de prés ; à Marcelli (in villa Marcilliaco), dépendance de Faucoucourt 1 bonnier de vigne et 11 menses de serfs…
Le domaine de Barisis, grâce aux soins, à l’activité et à l’intelligence des religieux de St Amand prit un tel accroissement qu’on fût obligé vers le XIème siècle de faire construire une église paroissiale sous le nom de St Rémi.
En 1059, le roi Philippe Ier assiste à la dédicace de cette église, qui en 1065 fût donnée par l’évêque deLaon à l’abbaye de St Amand pour entretenir un religieux de plus, Gauthier évêque de la même ville imitant le généreux exemple de son prédécesseur conféra en 1152 à la même abbaye les églises de Fresnes et de Septvaux. Cette abbaye conserva jusqu’en en 1790 le droit de présentation à la cure de ces églises mais elle en abandonnait souvent l’exercice à la prévôté de Barisis.
L’abbaye de St Amand avait de très fréquents rapports avec ce couvent et y fit transférer le 21 mars 1182,les reliques des saintes vierges de Cologne ; elle y envoyait les jeunes nobles de Flandre qui désiraient connaître la langue romane.
Le pouvoir des religieux de Barisis était alors presque absolu dans toute l’étendue des biens de la prévôté du même nom comme le prouvent nombre de lettres patentes qui leur ont été accordées par les seigneurs (sires) de Coucy et qu’ils ont conservées. La première date de 1207, elle a été donnée à Soissons par Enguerrand III de Coucy qui a déclaré avoir fait abattre une maison dont son frère Robert de Vervins, seigneur de Pinon avait commencé la construction sur les terres de Barisis,contre la volonté de l’abbé de St Amand « ne veut pas que lui ny ses héritiers puissent jamais y faire bastir », donne au monastère une partie de bois sise en la queue de Bettemont. [27]
Cependant au mois de mai 1226 le même Enguerrand par nouvelles patentes déclare que « à sa grande prière l’église de St Amand a bien voulu souffrir » que Robert de Vervins et ses héritiers seulement, mais nul autre ne possèdent dans le territoire deBarisis une maison qu’Enguerrand lui avait donnée.
Mais aussi cette concession ne s’était pas faite sans conditions ; l’abbé exige que nul homme libre ne pourrait venir demeurer à Barisis sans son consentement ou celui de son successeur que tous ceux qui habiteraient «la maison dont la construction était accordée paieraient à l’église de Barisis les mêmes redevances que les Momants et qu’enfin la justice y serait tenue à toujours par la prévôté du même nom » [28]
Malgré la dureté de ces conditions, il fallait que le fier sire de Coucy la ratifiât.
Au mois d’octobre 1235, le sire de Coucy Anguerrand (sic) a concédé au prévôt et religieux de Barisis, à leurs fermiers de Pierremande, du Crottoir, de Fresnes et de Buin, à leurs hommes et aux hôtes du dit Barisis, dans la personne de Jean Herbier le droit de faire pâturer leurs bestiaux dans la forêt de Coucy et dans les cantons de la forêt nommées : Le Bettemont, le Sart des Nonains, la noire Chesnoi etl e Fay Monseigneur Simon d’Amigny sous la condition que ce droit de pâturage serait exercé de bonne foi et sans fraude, que les bestiaux ne pâtureraient pas plus habituellement dans ces parties de bois que dans les Coulommiers, reconnu par cette charte appartenir à l’abbaye. [29]
Chaque ménage devait pour jouir de ce droit payer 12 deniers laonnois. Les amendes pour délits et contraventions appartiendraient de droit par moitié à l’abbaye et à son bienfaiteur le Sire de Coucy. [30]
Au mois de février 1255, le sire de Coucy, sollicité sans doute par l’évêque de St Amand confirma, mais sans aucune addition de nouveaux droits ni réserves sa lettre patente de 1226.
Mais au mois de septembre1267 il fait avec Augustin, abbé de St Amand, une transaction [31] par laquelle il prend sous sa protection et sauvegarde le chef lieu de la prévôté de Barisis et les 4 fermes désignées dans sa précédente concession de1235, laissant aux habitants et fermiers le droit de pâturage pour leurs bestiaux et de glandée pour les porcs (dorénavant et à toujours perpétuellement) à condition de payer les dommages s’il en était commis moyennant quoi les dits chef lieu et fermes « lui appartiendraient à perpétuité et seront à toujours sous sa mouvance » Ces droits de pâturage et de glandée peuvent s’exercer dans la basse forêt de Coucy et ses autres bois ; forêt des Hurettes, bois de Cousne Job de Condren (?) ;etc. [32]
Les conditions énoncées ci dessus de la responsabilité pour les dommages causés par les bestiaux et porcs fût assez longtemps à être mis en pratique ou peut-être les habitants qui redoutaient l’amende évitèrent-ils toute action pouvant leur être imputée à dommage.Cependant un arrêt du 29 décembre 1500 rappelle dans le jugement en dernier ressort rendu par les réformateurs le 13 juin 1549 dit que : les habitants abusent des usages et pâturages et y mettent sol et fraude en mettant journellement les dits usages plus de 3000 pourceaux qu’ils vendent quoique ils ne puissent en mettre que pour leur usage seulement.
Qu’ils font mettre les dits pourceaux dans les jeunes taillis au-dessous de 1mètre ½ que ces pourceaux broutent, mangent et gastent les dits taillis tellement que par suggestion du temps, si cela leur était permis il en résulterait la totale disparition des lois de la Seigneurie de Coucy appartenant au roi et à son grand préjudice.
Pourquoi le gouverneur a déclaré qu’en gardant les droits du roi, toutefois qu’il trouverait les dits pourceaux es-dits taillis faisant dommage et abusant des dits usages, il les ferait prendre prisonniers et y pourvoir par justice.
Ce même jugement du 13 juin1549 réglemente même la forme en laquelle pourront avoir le pâturage et le passage et sa décision fait encore loi aujourd’hui. Il dit ; « de ce pâturage, les habitants useront pour leurs bêtes seulement à eux nourrir sans fraude ni affectation et sans qu’ils puissent prendre d’autrui en garde et à moitié, à louage, ni autrement en faire trafic ni marchandises ni transporter les dits droits de pâturage les uns aux autres.Et si sont faites défenses aux dits habitants de mettre leurs dites bêtes, ni souffrir être mises paître et pâturer dedans les taillis et ventes et dans les triages de quelque âges qu’ils soient déclarés défensables contre le bétail parle maître particulier ou son lieutenant, le procureur du roi, le tout par manière de provision et sans préjudice des droits des parties au principal » [33] .Si les habitants ont quelquefois outrepassé leurs droits qui, en sus dupâturage et du passage, comprenaient encore dans toute l’étendue du domaine de l’abbaye celui de ramasser du bois et d’en couper pour la construction et la réparation de leurs maisons lesquelles prenaient le nom de maisons usagères, maintes fois aussi les religieux de la Prévôté de Barisis ont essayé ; sinon de les leur enlever du moins de le réduire autant que possible ; plus tard même les adjudicataires des pâturages (paissons) dans la bonne forêt de Coucy tentèrent d’en jouir seuls, mais parlements, rois et tribunaux ont constamment reconnu la validité des droits des habitants et manants de Barisis, par des arrêtés, lettres patentes, sentences et qui n’ont pour nous que peu de valeur historique et que pour cette raison nous nous contenterons de rappeler par leurs dates du moins leurs principaux.
1er 4 juillet 1444, jugement du bailli de Coucy
2ème 27 juillet 1482 jugement du lieutenant général du même lieu
3ème 29 novembre1500 arrêt du parlement signifie par le procès-verbal du 28 juin 1501
4ème 22 août 1547 jugement de Paul de Vilmer conseiller de la table de marbre
5ème 13 juin 1549 jugement des juges en dernier ressort ; réformation des forêts royales
6ème 22 août 1554 jugement rendu par le lieutenant des Eaux et Forêts entre Louis Cardinal deBourbon, prévôt de Barisis et les habitants d’une part contre Jean du Clos, fermier des paissons pour 1552 [34]
7ème Juin 1603, lettres patentes données par Henri IV
8ème Septembre1612, lettres patentes données par Louis XIII
9ème 10 octobre1635, jugement en dernier ressort rendu en faveur des habitants de Barisis contre Louis de Valois, comte d’Allais (se disant seigneur par engagement du domaine de Coucy et Jacques Bricout son fermier [35]
10ème 30septembre 1655, jugement de la maîtrise de Coucy
11ème 1727, rôle de répartition de la somme de 2208 livres 9 sous ; 9 deniers pour droit de confirmation d’usages à cause du joyeux avènement du roi à la couronne.
12ème 19 janvier1882, reconnaissance du droit des habitants par Mme la baronne Vve de Poilly.
De cette série de titres nous croyons devoir cependant nous étendre un plus longuement sur le jugement du 13 juin 1549 et la reconnaissance du 19 janvier 1882.
Le premier, parce qu’il désigne l’étendue des triages soumis au droit de pâturage et de passage dans la forêt de Coucy-basse ; la seconde, parce qu’elle clôt une longue revendication des habitants dont elle ravive la jouissance.
Extrait du jugement du 13juin 1549 « à savoir, depuis le moulin de Briquenoy, à commencer au Rhûétant celui joignant qui va de Barisis à Servais [36] jusqu’à un grand chemin tendant droit à Saint-Gobain, droit au Riez de la Vigne(?) d’Amigny [37] et suivant toujours ce grand chemin jusqu’à la fin du buisson de la Fortelle jusqu’à un grand chemin qui mène de Barisis à Chauny, et du dit chemin jusqu’à l’Epinoiset au bois appelé la Lagette et au bois d’Allemand [38] jusqu’à la Chaussée « Brunehaut et suivant la dite chaussée jusqu’auRhû de grève qui traverse la dite chaussée Brunehaut et du Rhû le long de ladite Chaussée jusqu’au grand carrefour du bois des Coulommiers et du bois des tourneurs où est le ru de l’Ours [39] à l’endroit d’icelle borne et encore suivant la chaussée Brunehaut jusqu’auchemin appelé le Maupas qui vient de Pierremande et conduit à Barisis traverse la dite chaussée Brunehaut et encore suivant icelle dite chaussée Brunehaut jusqu’au Pare feu, près la fontaine Viviers et rillon du Parc à l’endroit de la route de Chèvremont jusqu’à la sortie du dit bois, entrant aux avernes qui sontles usages de Barisis et de là suivant les dits usages selon les bornes limites et séparation qui sont entre la basse forêt de Coucy et les dits usages, et delà retournent au long des prés de Barisis, près la fontaine Gosset et au-dessus de l’Ermitage de Bonne Fontaine jusqu’au dit Moulin de Briquenay et ru dessus dit étant près du moulin ainsi que ce ru va. »
Reconnaissance du 19 janvier1882. Cet acte rédigé par M. Roujon, avoué à Laon, à la demande de M. Vitiantaussi avoué à Laon ; agissant au nom de la commune est ainsi conçu :
« Madame Agathe Eléonore Elisabeth du Hallay Coëtquen, propriétaire à Folembray veuve de M. lebaron Henri Charles Georges de Poilly, reconnaît que les bois de Barisis objet de l’acquisition du 20 octobre 1819 sont grevés, au profit des habitants de la commune de Barisis, d’un droit de pâturage et de passage tel qu’il résulte de ses 10 litres et de ceux de la commune.
Par suite Mme la baronne dePoilly, s’engage à payer tous les frais judiciaires et honoraires de l’instance introduite devant le tribunal de Laon, suivant exploit de Boucher, huissier à Coucy le château, du 4 juin 1881
Folembray, le 19 janvier 1882
Signé : Du Halley, Coëtquen, baronne dePoilly.
Vu à la mairie de Folembray pour légalisation de la signature de madame la baronne de Poilly apposée ci-dessus.
Cette redevance s’est élevée en 1561 à douze deniers, déjà en 1482 un jugement rendu à la demande de la duchesse d’Orléans contre les habitants de (déça leru) condamne ceux-ci « à payer dorénavant de chacun pourceau par eux acheté depuis le jour de la St Jean Baptiste jusqu’au jour de la Saint Rémy en suivant, douze deniers parisis et ils ne pourront vendre les dits pourceaux qu’ils n’aient payé ou assuré la dite dame de la dite somme, à peine d’une amende de 60 sols parisis »
Nul des nombreux titres ou documents que nous avons pu consulter ne nous renseigne complètement sur les redevances qu’avaient à payer les habitants pour leurs personnes, leurs bestiaux, leurs instruments etc. ; et l’on serait tenté de croire que levillage de Barisis était un véritable Eden, une terre de bonheur.
Pourtant il paraît qu’il n’en était pas ainsi et à défaut de titres officiels, les diverses pièces de répartitions que nous avons sous la main comme aussi l’ouvrage de M. Mathontant de fois cité déjà ainsi que le mémoire qui termine cette notice, nous donne un aperçu sans doute incomplet mais vrai des charges qui pesaient sur les manants.
Les droits seigneuriaux (droits d’usage) rien que pour les Lentillères s’élevaient à 10 deniers carolus par ménage. Les habitants de la rive droite du Mesnil qui ainsi que nous l’avons dit plus haut avaient déjà tant à payer pour leurs pourceaux devaient encore chaque année à la Saint Rémy acquitter sous peine de 60 sous d’amende une taille de 19 livres 6 sous 8 deniers pour leur personne, de 2 deniers pour droits de chaussée par chaque chariot ou charrette et de 1 obole par brouette sans compter le droit de rouage pour le transport du vin, lequel s’élevait à 4 deniers pour un chariot chargé, 2 pour une charrette et 1 pour une brouette.
Ceux de la rive gauche (touspeut-être) avaient à supporter, savoir : une taxe de 10 deniers par chaque ménage, chaque veuve en devant une de cinq (17ème siècle)
Enfin, vers 1704, les habitants de Barisis payaient ; une taille de 2400 livres ; deux tailles variables à la Saint Rémy ; une taxe de 1300 livres et en outre ils devaient supporter toutes les charges militaires de l’époque quartier d’hiver, convois, soldats miliciens etc. [40] et les dîmes.
Le prévôt de Barisis, dont, au dire des habitants la dernière résidence, aujourd’hui maison de culture existe encore dans la rue des Dames en ligne vicinale n° 45 de Vouël àSeptvaux. Ce prévôt disons-nous avait droit de haute et basse justice dans toute l’étendue des possessions du monastère, mais il était bien rare qu’il exerçât lui-même, il en laissait le soin à ses baillis et autres officiers. Néanmoins les sentences, pour être rendues par des religieux ou sous leurs auspices étaient loin de porter le cachet que l’on serait en droit d’attendre de disciple du Christ, être emprisonné dans la tour du Colombier et puis pendu haut et court (quand entre ces deux actes rien n’arrivait de pire au prétendu coupable) étaient choses ordinaires.
D’ailleurs la justice, le respect de la chose d’autrui et de la parole donnée, la charité, la douceu relle-même ne paraissent pas avoir été les vertus de tous les prévôts qui se sont succédés à Barisis, si [41] nous en croyons le mémoire qui termine ces quelques pages.
Les fourches patibulaires se trouvaient établies non loin du Monastère de l’Abbaye en un endroit qui en a conservé le nom ; la Fourcière (de Fourchiers), menaces constantes contre ceux qui, à tort ou à raison avaient la malchance de déplaire à leur seigneur et maître ; épée de Damoclès toujours suspendue sur la tête des manants.
Près de là se trouvait la place de justice (?) où se rendaient les sentences contres « lesgens malveillants ou aventuriers » qui plusieurs fois« ruèrent par terre [42] »ces fourches que cependant ils redoutaient tant.
Si ce n’est qu’aux « malveillantsou aventuriers » que servaient ces potences, passe encore, mais le manant dont les récoltes avaient été ravagées par le gibier, mais le malheureux qui, au jour fixé pour le paiement de la dîme grosse et même des droits seigneuriaux, ne pouvaient s’exécuter, était-il certain de ne pas terminer sa vie au gibet infâme et de ne pas servir de pâture aux oiseaux de proie ?
Et pourtant les revenus du domaine de Barisis ne manquaient pas d’une certaine importance.
Au 17ème siècle chaque ménage lui payait avons-nous dit 10 deniers les veuves 5, Fresnes et Septvaux lui devaient les deux tiers de la dîme grosse et petite et Pierremande le tiers. Ses moulins étaient au nombre de deux plus un tordoir à l’huile. Ses terres et prés à plus de 300 hectares, il en avait en toute propriété le tiers des usages de Barisis dont les habitants avaient été contraints de consentir au portage et plus de 200 hectares et divers autres de bois, etc.
Mais la Révolution vint supprimer les ordres religieux et l’Abbaye de Barisis qui s’était dépeuplée au point de ne renfermer plus de 3 religieux bénédictins : Pierre de France, prévôt âgé de 76 ans, Pierre Bernard Méresse âgé de 37 ans et Benoît Tonneller 47 ans [43] se vit dépouiller comme les autres, de ses biens qui furent vendus comme biens nationaux.
La ferme de Buin fût vendue aux sieurs Carette et Boutroy moyennant 76 300 livres le 26 janvier 1791.
Le monastère ou plutôt l’abbaye, dont il reste une splendide cave (couloir d’une infiniment plus belle, près du bois Prévôt) et dont les bâtiments servent aujourd’hui auxusages ruraux de la ferme dite de l’abbaye, fût achetée par Pierre Berlire (ouBerline ?) le 28 mars suivant avec les deux moulins, le Tordoir et 136 arpents 86 verges de terre moyennant la somme de 146100 livres, depuis elle a passé à M. de Lauriston et à la famille Déprez qui la possède encore.
Le clos des vignes appartient à M. Fouquet, fabricant de sucre à Sinceny et député de l’Aisne.
La ferme de La Fourcière n’existe plus qu’à l’état de ruines dépendantes de la ferme de Buin [44] ,celle de la Horbe et des grands lieux [45] ont disparu entièrement et les terres y appartiennent à plusieurs.
Le Crottoir qui a passé en diverses mains appartient aujourd’hui à M. Richard d’Aubigny qui le tient de feu M. le comte Charpentier, ancien général du 1er Empire, il est exploité par M. Fleury. La ferme de Pierremande achetée par M. Duroux lors de la vente des biens nationaux est restée à ses descendants qui continuent à jouir à l’instar des habitants de Barisis, du droit de pâturage y attaché.
La ferme de Fresnes appartient aux sieurs Ferté, enfin les Lentillères, et les 2/3 des ancien susages sont encore aujourd’hui propriétés communales et comprennent environ 205hectares dont 135 de bois et 70 de terres provenant de défrichements. La futée et le taillis de la partie défrichée ont servi à la commune à couvrir un emprunt antérieur, à créer les voies de communications dans un état qui ne laisse rien à désirer, à créer ; plutôt construire une école de filles et meubler à neuf celle des garçons, à créer et remplir d’ouvrages magnifiques et bien reliés une bibliothèque de plus de 527 volumes, à doter la commune d’une Caisse d’Epargne, d’un bureau de poste et d’un bureau télégraphique et de l’excédent à se créer des ressources et rentes sur l’Etat. Aussi cette commune est-elle une des plus favorisée sous ce dernier rapport.
Et les pères, que devinrent-ils ?
Le vieux prévôt alla résider à Verneuil sous Coucy où il vécut jusqu’en 1804 dans un état voisin de la misère malgré les 1200 livres de rente que lui alloua la nation, mais dont il ne reçut que bien peu de choses. [46] Les deux autres allèrent nous ne savons où vivre les 900 livres de traitement qui leur furent accordées.
Que pouvions-nous ajouter à tout ce que nous avons dit de Barisis ? Nous l’avons fait connaître dans le passé ; nous l’avons montré dans le présent luttant difficilementcontre l’industrie des bourgs ou villes voisins et n’ayant peu ou point d’espoir dans l’agriculture ; et il ne nous est guère possible de prévoir ce qu’il sera dans l’avenir.
Peut-être quelque industriel prendra-t-il soin d’utiliser la force motrice qu’offre gratuitement le Mesni lpour y établir une usine permanente. Tel est le vœu du pays. Puisse-t-il se réaliser un jour ! »
André |
664 |
De Thouars |
1657 |
Léon |
831 |
Donat Sanvaige |
1660 |
Jean Herbier |
1235 |
Richard Burguel |
1672 |
Jehan Le Touche |
1473 |
Benoît Legrand |
1675 |
Charles, évêque de Tournay |
1507 |
Etienne Lefébure |
1676 |
Guillaume de Bruxelles |
1512 |
Lancelin Delacroix |
1704 |
Hilaire Rogier |
1531 |
Boniface Dudard |
1709 |
Louis, cardinal de Bourbon |
1554 |
Etienne Baclar |
1724 |
Etienne Leclère |
1575-1587 |
Cassiodore de Hophy |
1732 |
Jean Lejongleur |
1587 |
Boniface Dudard |
1733 |
Pasquier Du ont (Dumont ?) |
1608 |
Jean-Baptiste Sacré |
1754 |
Jehan Du Metz |
1618 |
Meurant Mouton |
1778 |
Gilles Demay |
1624 |
Pierre de France |
1789 |
Corneille de Beaufremy |
1653-1657 |
Copie du mémoire des sujets de plainte qu’ont les habitants de Berzy contre DomLancelin Delacroix, prévôt du dit Berzy [47]
Il prend tous les ans plus de 30 cordes de bois et autant de fagots qu’il lui plaît dans les usages des habitants quoiqu’il n’y ait aucun droit, les dits habitants aïant fait anciennement un traité avec Messieurs les abbés et religieux par lequel ils leur ont accordé le bois appelé Bois Prévôt pour leur chauffe, dans lequel les habitants ne vont n’y usager n’y pâturer.
Le prévôt de son autorité met un garde qui a esté jusques à l’heure son valet pour la garde des usages dont il fait payer les gages par la communauté [48] empeschant les dits habitants d’y en nommer un, quoique le roi par ses ordonnances, veutque les habitants en nomment un.
Le prévôt garde chez lui le marteau avec lequel on marque les bois accordés aux habitants pour les réparations de leurs maisons, quoique l’ordonnance dit qu’il sera mis dans un coffre à trois clés et dans une maison la plus sûre du lieu ainsy qu’il esté pratiqué cy-devant et de tous temps, duquel marteau il se sert pour en abattre des bois sans y rappeler le syndic n’y a pas exheum (?) ses fermiers et ses officiers de justice ont fait impunément du mériers et des planches qu’ils ont vendus à leur profit. Ces abus se commettant par la facilité qu’ils ont d’avoir ce marteau qui est chez le dit prévôt comme une hache ordinaire.
Demandons que le dit marteau soit remis sous 3 clefs comme il a esté cy-devant.
Lorsque le dit prévôt a accordé des arbres à un habitant il en prend les houpïes ce qui n’a jamais été pratiqué par le devancier, ne leur estant pas dues.
Le prévôt veut reprendre un tiers des usages et pour y parvenir il a rayé, dans son papier terrier l’article où il est marqué la reconnaissance que lui font les habitants pour jouir pleinement des dits usage ce qui n’est pas vray dans les anciens terriers qui sont à St-Amand.
L’ordonnance est formelle que « lorsque des habitants tiendront les usages à reconnaissance le seigneur n’en pourra distraire le tiers. Ainsi mal à propos prétend-il ce tiers.
Les gardes qu’il a mis jusques à l’heure aïant été des chasseurs et des valets, ont été si peu occupés à la garde des usages qu’il a été volé plusieurs bois et les usages se sont ruinés.
Les officiers de la justice qui devraient être ceux qui devraient tenir la main au bon ordre et la conservation des dits usages.
Le devancier de ce prévôt y avait fait desmolir leur ferme appelée le grand lieu celuy-cy la voulant rétablir a pris tous les bois nécessaires dans les usages pour la construire ; mais les officiers des eaux et forêts de La Fère lui en aïant empêché parce que c’était trop près de La Fère, il a dissipé les dits bois.
Il n’est pas juste qu’il prit ces bois dans les usages puisqu’il avait profité des débris de leur ferme et qu’ils ont quatre cents arpents de bois à eux dans lesquels il en pourrait prendre et d’autant plus qu’il n’a aucun droit dans les dits usages des habitants.
Il fait encore plus, puisqu’il prend dans les usages tous les bois qu’il lui faut pour rectifier ses fermes et maisons à mesure sans y jamais appeler n’y syndic n’y exheum.
Il donne du bois à son fermier de Pierremande et veut qu’il jouisse des pâturages de la communauté quoique le dit fermier ne soit pas justiciable à Berzy. Pas un de ses devanciers n’ont fait ces ursupations. Il en fait encore de même à l’égard de celuy du village de Fresnes.
Quand le prévôt a accordé quelques arbres à des particuliers pour la réfection de leurs maisons, s’ils ne l’emploient pas dans le (……) confisqué le dit bois à son profit et les condamnent à l’amende lequel bois devrait revenir à la communauté.
La communauté a droit de passage et de pâturage dans les 400 arpents de bois ci-dessus appartenant au dit prévôt voire même d’y couper du mort bois et blanc bois ; mais ils sont hors de jouissance de leurs derniers articles parce que le prévôt a fait prendre le titre qu’ils ont ; dans les papiers du village qu’il garde et dont pourraient se servir pour se maintenir dans la dite profession. Il est vray que les habitants ont ce droit là que le prévôt a depuis deux mois ou environ fait signer par surprise à six ou sept habitants à la renonciation du dit droit en leur disant qu’il ne leur accordait pas la permission que la communauté luy demandait de vendre quelques coupes de bois d’usages, sy ils ne signaient pas le papier qu’il leur présentait. C’est une chose inouye et odieuse qu’un religieux soit capable d’une pareille ursupation.
Les habitants demandent que leur titre leur soit rendu.
Le prévôt vient depuis peu faire abattre une quantité d’arbres balivaux qui avaient été réservés dans le taillis qui ont environ six ans, sans permission ni adveu, mais seulement de son autorité prévue. Cet abus fait hors de propos cause une perte très grande dans le taillis qui en est gâté par la chute des arbres et par les chariots qui vont les charger. Les fermiers à son imitation vont prendre dans les villages tous les bois qu’il leur faut pour entretenir et construire chariots, charrettes et charrues sans adveu ni permission.Quand on leur parle ils disent qu’ils sont au prévôt et cela suffit.
Il sera aisé de voir aux personnes qui se donneront la peine d’examiner ce mémoire que les usages appartiennent aux habitants mais que ce monseigneur le prévôt vaut qu’il en jouisse (puisqu’illuy plaît pour bastir et pour se chauffer ; mais c’est pourtant en considération les dits usages que le village est assis à la taille de 2400 livres, sans comprendre deux taillis de St Rémi qui s’élève de même que tous les ans ni les quartiers d’hiver, les convois et n’y le soldat milicien. Ils sont outre ces charges taxés encore aujourd’hui à treize cents livres à cause et en vertu des dits usages.
Il n’est pas juste que le sieur prévôt prenne ainsi tous les usages puisqu’ils sont le bien des pauvres habitants de Berzy, estant situé dans les bois où il y a peu de terre et qui ne valent estant toutes situées aux environs des bois à la réserve de celles de la prévôté qui sont toutes sur les montagnes et par conséquent bonnes.
Une autre chose qui se sert M. leprévôt qui est bien cruelle est d’empêcher les habitants d’eslir un syndic entre eux comme cela se pratique partout, voulant qu’il l’y soit mis de sa main et de son choix, en aïant nommé cassé un que les habitants avaient nommé il n’ya pas deux ans. On voit évidemment qu’en usant ainsi pour avoir un syndic à sa paste ce n’est que pour l’avoir favorable dans toutes es ursupations qu’il fait aux habitants puisqu’une signature du syndic vaut celle de tous les habitants ou du moins de la communauté. Les habitants demandent d’avoir comme ils sont toujours eu, la liberté de choisir leur syndic.
Le clocher de Berzy a reste ruiné par le tonnerre, il est posé sur le cœur (chœur)et par conséquent la réparation en appartient au seigneur Grôs Dîmateur
Le prévôt prend la qualité de l’un et le bien de l’autre, ainsi c’est à luy à le faire réparer. Monseigneur l’Intendant a au mesme la bonté de luy ordonner nonobstant,le dit prévôt a contraint les habitants de le réparer et pour cet effet ils’est fait donner 400 livres par le sieur Gouillard, marchand de bois qui en avait acheté des dits habitants une coupe de bois. Les habitants aïant pressé le dit Gouillard leur païer leur somme n’a voulu y satisfaire ce qui a obligé les habitants d’agir par voie de justice et d’avoir obtenu trois sentences contre lui ; savoir une à Coucy et les deux autres à Paris. Et nonobstant cela le dit Gouillard n’a pas encore rendu ses comptes, n’y rendu les 400livres par les empêchements que le Prévôt en fait.
L’on considérera que toutes ces affaires faites mal à propos à une communauté l’ont ruinée entièrement, le clocher n’aque 30 pieds de hauteur et sans ouïs de sorte qu’on n’entend pas les cloches du cimetière ; il y avait ci-devant 60 pieds de hauteur, monsieur le Prévôt ne pourra pas dire que cette réparation luy ait coûté un sol au contraire il a profité des 600 livres de merien et planches qu’il a fait scier à cette occasion.Il en aurait eu davantage sy son amy Pierre Sauvage lieutenant criminel n’avait partagé le gasteau avec luy.
Le Prévôt ne sachant trouver assez de moyens pour escraser les habitants, il s’est advisé d’establir une garenne dans les bois de plusieurs particuliers, pour manger tous les grains ; il y aréussi car on ne dépouillait plus rien dans les terres voisines de la dite garenne à Berzy ce que ses devanciers n’y avons jamais aïr (ou aü)
Monsieur le Prévôt est si violent et s’y impétueux que dès que quelques habitants le vont trouver pour luy représenter leur oppression, il les bat, il les mets en prison, il les injurie et les menace de les ruinés ; par son bras droit : Pierre Sauvage.
Il ne faut pas que les pauvres aillent demander l’aumône chez luy, car il les fait chasser par ses chiens et messieurs les religieux, ses cousins ne sauraient vivre mesme avec luy AntoineDuponcelle, qui estait le cuisinier de Monsieur le Prévôt mourut il y environ trois ans estant encore à son service ; il laissa à l’église de Berzy 40écus que lui devait le dit prévôt pour argent qu’il lui avait présté, ce par bon compte arrésté lequel argent il ne veut pas payer.
Le Prévôt entre dans l’assiette des tailles pour y molester et soulager qu’il luy plaît, ce qui est contre l’ordonnance ; les habitants demandent qu’il laisse agir sur cela les collecteurs.
Monsieur le Prévôt est continuellement occupé de faire sortir de la cure de Berzy le curé, quoiqu’il soit religieux de l’abbaye de St-Amand, comme luy son confrère et plus ancien qui est aussi prieur de la dite Prévosté parce qu’il est pour la justice et qu’il ne veut pas entrer dans ses passions.
Ce serait une perte pour la communauté irréparable ; car il est charitable, il est bon, il assiste les malades et les pauvres, de tout ce qu’il a et ce qu’il peut.
IL a même la volonté de vouloir chasser un bon frère hermitte quoiqu’il vive comme un saint homme, ne manquant pas une occasion d’assister tous les agonisants jusqu’à leur dernière fin ; et qu’il n’est aucune charge au village . Sa rage conte ce saint homme est s’y grande qu’il lui défend l’entrée de l’aumône de chez lui. Il pousse la chose plus loin, car il a défendu à ses fermiers de la luy donner ; qui sont seuls habitants aujourd’hui quasy en estat de laluy faire. Enfin on peut dire qu’il n’espargne aucun estat n’y aucune condition.
Les habitants aïant obtenu l’année dernière de Monseigneur le Maître particulier de vendre quelques coupes de bois de leur chauffe pour aider à payer le quartier d’hiver au capitaine et à quinze cavaliers qui estaient en garnison dans le village, Monsieur le Prevost par malice et pour toujours tracasser les habitants n’y a pas voulu consentir et s’est opposé à trois sentences rendues par le Maître particulier. Il sera aisé de comprendre qu’il n’y a en cela de sa part que de l’animosité et du malinvouloir puisque luy mesme n’a aucun droit au dit usage. Il s’en estait venu au plaidoyer à cheval, les pistolets à l’arçon de la selle tout en furie, demander au sieur Leleu, bailli, qui faisait l’adjucation des dits bois, luy demander qu’est-ce qu’il faisait là et lui fit commander de sortir et de se retirer. Il n’est guère establi qu’un homme de sa profession en use de pareils emportements n’y un s’y violent procédé.
Il est poussé souventes fois à de tels points qu’i trouva un jour, estant à cheval, avec ses pistolets, un pauvre homme de Fresnes à qui il a donné plusieurs coups du bout de son pistolet et lui aurait passer son cheval sur le corps s’il ne s’était jeté dans un bois. Le paysan fût s’y maltraité et eut s’y peur qu’il en tomba malade s’y fort que monsieur le curé de Fresnes luy a donné les sacrements. Cet article ne regarde pas les habitants du lieu mais il est rapporté icy pour faire connaître à ceux qui se donneront la peine de voir le mémoire, les emportements dont il est capable.
Outre que monsieur le Prévost est très facheux de lui-même, il est encore appuyé du lieutenant criminel de Coucy qui le conseille, qu’y n’est pas moins bon que luy. Plusieurs familles d’icy qui ont été ruinés par ses vols et pillés pendant qu’il était bailly en sont une preuve manifeste.
Estat de la conduite que monsieur le Prévost a tenue avec le sieur Demandy de laquelle il se plaint.
Dans le temps qu’ils estaient les meilleurs amys le sieur Prévost a retiré à feue Madame sa mère dix huit jalois de terre qui estait dans da maison à bail amphiteotique, ce que ses devanciers n’avaient jamais pensé de faire ; et pour lui faire plus de chagrin, il apris son temps qu’elle estait tout nouvellement semée, ce qui coûte considérablement parce que la terre est éloignée de trois quart de lieue de sa maison.
Il a eu le mesme procédé avec sa mère à l’égard de la disme que l’on paye en argent de tout temps à la Prévosté pour qu’on ne vint pas dismer en nature sur cette terre.
Le sieur Prévost a establi une garenne dans les bois ; lorsqu’ils étaient nouvellement coupés, ce qui fait un très grand dommage aussi bien qu’aux terres labourables qui sont adjacentes aux dits bois ce qui est cause que je ne trouve plus de fermiers qui les veulent prendre ; et il faut remarquer que le dit Prévost n’a nul droit de garenne pas mesme dans ses bois.
Monsieur l’abbé de St-Amand qui est le seigneur de Berzy avait promis à ma mère d’autres terres dans le dit terroir deBerzy, du lieu où elle est parce qu’elle est enclavée dans ses batiments, le sieur Prévost pendant un très longtemps, a fait la mesme promesse et quandc ’est venu à l’exécution il a manqué de parole, quoiqu’on lui offrit une autre au dit terroir ailleurs, aussi bien baptisée et plus commode pour les officiers de la justice. Il y a trois ans que le sieur Demandy envoïa à Monsieur lePrévost de l’argent pour qu’il se payast des censives qu’il pourrait lui devoir, il renvoïa son argent et lui manda que rien ne pressait et qu’ils verraient ensembles. Un an après luy a envoyé encore de l’argent pour le mesme sujet, qu’il a encore refusé et pour me chagriner il en fait transport à son amy le lieutenant criminel, affin que pendant son absence il luy fit faire des affaires, ce qu’il a fait… par unprocès qu’il a intenté contre luy à Laon ; et pour faire voir que ceprocédé malhonnête n’est qu’un jeu entre eux c’est que depuis deux mois il lui a envoyé les argents qu’il a reçus.
Enfin pour comble de malice, voyant que je prends les intérêts de la communauté contre ses persécutions, aïant chez lui une bonne partie de la noblesse du voisinage entre autres la famille de Monsieur de Suzy, en pleine table il a dit qu’il n’estait qu’un roturier et que sy il voulait il le ferait mettre à la taille, a quoi quelques personnes luy répondirent qu’il était honteux à luy de parler ainsi d’un gentilhomme qui a des charges qui le mestent à la teste de la noblesse du pays.
Monsieur le Prévost a fait attacher un petit garçon de Berzy à un poteau dans sa cour ; monsieur le Prévost est si animé contre les habitants que ……………………………………(lignes illisibles)… un dans ses prisons sans aucune formalité de justice et sans qu’il fût coupable d’autre chose que d’avoir zélé pour les intérests de la communauté ; comme encore plusieurs garçons qu’il a fait attacher au carquant et promener publiquement dans les rues avec infamie avec un tombereau, au son de la cloche pour rendre leur affront encore plus publique et cela sans aucune formalité dejustice. »
Ce mémoire Monsieur Demandy ne l’a pas signé.
Pour copie conforme des textes,expressions et orthographe de cet ouvrage.
Fait à Barisis le 23 octobre 1959
Signé : Louis Testart.
« Cette notice m’avait été communiquée par MonsieurDague, cultivateur à Barisis. Après l’avoir lue j’ai pensé qu’il restait intéressant de le copier afin de faire connaître à la postérité comment furent traités nos aïeux par leurs seigneurs et maîtres et surtout afin de faireremarquer que les pires étaient ceux qui se réclamaient de la religion chrétienne ceux qui s’intitulaient les ministres du Christ.
De nos jours peu de gens savent ou soupçonnent ce qui s’est passé autrefois. Cette notice ne peut être lue sans qu’on éprouve un vif sentiment de répulsion contre le petit clergé qui avait pu faire en sorte de devenir de véritables profiteurs des domaines seigneuriaux, ceux qui pillèrent le plus les malheureux, les rendaient misérables par toutes les exactions, les vols sans qu’ils puissent jamais protester et obtenir justice et quand parmi eux il y en avait un qui aurait eu droit au titre de représentant de Jésus par l’application des principes qu’il a prêché, celui –la devenait la bête noire, le souffre douleur des bandits qui étaient des hommes de confiance des évêques qui à eux seuls disposaient de presque tous les biens de la nation française.
Il est donc bien pénible de penser qu’une grande partie de ce peuple souhaite de nos jours nous ramener à de tels principes en rétablissant l’enseignement dit libre et qui est l’enseignement religieux celui qui tient à obscurcir l’intelligence au lieu de l’éclairer pour en définitive arriver de nouveau à la domination, à l’asservissement d’abord de l’esprit et ensuite obtenir pour une classe, celle des profiteurs des religions ceux qui se disent les pasteurs des peuples et qui n’en sont que les parasites, ceux qui escomptent la bonne vie établie sur la peine des autres et qu'ils pensent justifier en se disant les dispensateurs des grâces de Dieu, par du bla-bla-bla, par des mises en scène, par du décor et du luxe qui eût été réprouvée avec énergie par Jésus-Christ lui-même. »
[1] M. Mathon, historique du monastère deBarisis.
[2] Archivescommunales de Barisis.
[3] M. Mathon
[4] Grandechasse des Carolingiens par M. Martin Marville.
[5] M. Mathon etM. Davroux de Saint-Gobain.
[6] Archivescommunales de Barisis.
[7] Archivescommunales de Barisis.
[8] Un décretimpérial en date du 26 octobre 1869 autorise le défrichement de 35ha de bois communauxdu Georget et un décret ultérieur a autorisé également celui de 35ha dans lesprés de Sart. Défrichement qui a eu lieu par portions annuelles a été terminéen 1881 et les terrains en sont loués par fractions de 34 à 35 aux seulshabitants de la commune.
[9] Recensementde 1881.
[10] Archives deBarisis.
[11] Autrefois,Croutoy ou Crotois ou Crottoir, de creutes, carrières, cavernes ou vraisemblablement vivaient les premiers habitants de cette contrée, comme cela existe encore aux lentillères et aux carrières de la ville. Et puis, les tombeaux en pierre (tombeaux celtiques, croyons-nous) que l’on trouve en assez grand nombre près du crottoir aux lentillères ne semblent-ils pas leprouver ?
[12] En fouillant la terre près du Crottoir pour en extraire les pierres de route, les ouvriers ont mis à découvert à environ 1 mètre de profondeur sur la couche de pierre, un espace de terrain laissant apparaître des lignes noirâtres courbes et parfaitement régulières ; un examen attentif fit reconnaître dans ces lignes des fragments de vases brisés sous la pioche ou la bêche.
M. Fleury, fermier du Crottoir et M Royole, capitaineau 15ème régiment territorial, cultivateur et en même temps entrepreneur pour qui travaillaient les ouvriers s’efforcèrent de dégager quelques-uns de ces vases. Ils parvinrent à en extraire deux qui sont actuellement dans le musée scolaire de Barisis. Ces vases sont en terre non cuite et contenaient des osselets dont un a été rapporté avec le vase qui le contenait. Ils se trouvaient groupés par cinq ou six surmontés d’un un ou deux autres de dimensions beaucoup plus grandes.
Recouverts de terre végétale, ils avaient fini parfaire corps avec elle (1883) En 1881, déjà d’autres services avaient trouvé dans les Lentillères en faisant l’extraction de pierres-liards, une hache de fer qui fût également donnée au musée scolaire. Elle se trouvait paraît-il à plus de 6 mètres dans la masse calcaire.
[13] Ce canton n’existe plus ; mais le vœu des habitants de ce bourg en espèrent toujours le rétablissement.
[14] M. Mathon
[15] On peut juger par-là de ce qui aurait été la dîme entière ; si la seule partie du village qui y était soumise produisait une somme d’une telle valeur.
[16] C’est le même qui 3 ans plus tard en 1676 devint prévôt de Barisis.
[17] Nous nous abstiendrons de citer ceux des noms dont il a déjà été question dans cetteétude
[18] Probablement l’emplacement où se trouvait construit le château de Robert deVervins, seigneur de Pinon dont il sera parlé plus loin. En fouillant ou enbêchant le sol, on y trouve fréquemment d’anciennes monnaies. D’épaisses tuiles et des pierres qui ont subi l’action du feu, comme si la destruction de la maison seigneuriale avait eu lieu par ce moyen.
[19] Enfouillant le sol on y voit encore les ruines d’une église dédiée à ce saint (M.Mathon)
[20] Où existait autrefois la ferme de ce nom détruite sous la Prévôté d’Estienne Lefébure .Archives de Barisis. Prés de Cliau ou Gliau, prés de l’eau, car ces prés sont en effet très humides et ressemblent plutôt à des marais. La rue de ce nom elle même est bordée d’une mare où l’eau ne tarit jamais.
[21] Archives deBarisis M. Mathon, M. Martin-Marville
[22] Le nom de Faverolles n’existe plus et a fait place à un autre, et ce à l’Hermitage ainsi que le prétend M. Martin-Marville où fut fondé le monastère, est-ce au lieu del’abbaye ? Comme le dit M. Mathon ; nous ne saurions le dire. Nous croyons, nous que dans un temps il existait à Barisis deux maisons religieuses, le monastère et l’abbaye et que tous deux pourraient bien avoir raison (voir664 et page 20 et 21) Ou alors on nommait indifféremment à l’abbaye le nom de monastère et vice versa.
[23] M. Mathon
[24] M.Martin-Marville dans son essai historique sur quelques parties de la Basse-Forêt de Coucy croit que le nom de Colomiers vient de St Colomban dont dit-il les religieux de St Amand suivaient les règles, tandis que M. Mathon l’attribue aux nombreuses colombes (pigeons) qui vivaient dans cette contrée.Cette partie de bois vendue par l’Etat le 20 octobre 1819 appartient à la Manufacture de Saint-Gobain.
[25] Archives de Barisis
[26] Archives de Barisis
[27] Archives de Barisis
[28] Archives de Barisis, id de M. Guilbert de Pierremande copie conforme ou dûment collationnée : Jean Herbier et li convenu etc., (sic)
[29] Archives deBarisis id (d’après ce titre les bestiaux ne devaient aller que dans les bois âgés d’au moins 40 mois « et ly bos doibt avoir quarante mois derecreute »
[30] M. Mathon.
[31] Cette transaction écrite en latin se trouve dans les archives de Barisis et une traduction existe dans les archives de M. Guilbert de Pierremande
[32] Archives de la ferme de M. Guilbert de Pierremande, traduction en langue française de 1267.
[33] Archives de Barisis
[34] Un jugement rendu en 1557 en faveur du fermier de Pierremande dit : que les droits de pâturage et de paissage ne pourront s’exercer avant le jour ni après le coucher dusoleil. Archives de M. Guilbert.
[35] Par ce jugement Hughes Cousin qui avait fait arrêter les porcs de Barisis parce que déclaration n’avait pas été faîte, fût obligé de les relâcher.
[36] Le Mesnil
[37] Il faut croyons nous lire ici : Riez de la Ville et non de la Vigne, car tous les villages semblent à cette époque porter le nom de Ville, de plus il ne saurait ya voir eu de vigne en cet endroit, ni probablement à aucun autre endroit du terroir d’Amigny-Rouy, tandis que les Riez étaient assez communs ; enfin on ne dit pas le Riez d’une vigne, cela n’aurait aucun sens.
[38] L’emplacement de ces deux bois nous est inconnu, il est évident qu’il ne saurait être question ici de la Logette, terroir d’Autreville. Peut-êtreveut-on dire les Loges, près du terroir de Pierremande, dans la section du trou Maître Oudoux, cependant cela nous paraît invraisemblable.
[39] Le ru du Laonnois.
[40] Voir lemémoire à la fin de cette notice
[41] Un des lieux-dits de Barisis s’appelle encore le Bois de Justice
[42] M. Mathon
[43] M. Mathon
[44] Les habitants continuèrent à jouir du droit d’affouage dans les usages de Barisis et les Lentillères, indépendamment de ceux de pâturage et de passage qu’ils exercent en même temps que dans les bois de la Manufacture de St-Gobain, de Mme la baronne de Poilly et dans ceux de Coucy-Basse qui appartiennent encore àl’Etat.
[45] La ferme des grands lieux a été démolie sous la prévôté d’Estienne Lefébure de 1676 à1704 (voir le mémoire qui suit)
[46] Pierre Méresse est resté à Barisis dont il devint le curé après la Révolution. Pendant la Révolution, il remplit les fonctions de chef des chantiers nationaux et fit fabriquer les salpêtres dans l’église même.
[47] Prévost de1704 à 1709.
[48] Communauté est mise ici pour commune les habitants en général.